{"id":105,"date":"2012-06-05T20:42:37","date_gmt":"2012-06-05T18:42:37","guid":{"rendered":"http:\/\/anne-leloup.be\/?page_id=105"},"modified":"2012-06-05T20:42:37","modified_gmt":"2012-06-05T18:42:37","slug":"lectures","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/anne-leloup.be\/site\/lectures\/","title":{"rendered":"lectures"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Il arrive que la m\u00e9moire soit malhonn\u00eate, ou qu\u2019elle se trompe, ou qu\u2019elle mente. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Il arrive aussi que la m\u00e9moire pleure, comme pour oublier, comme si c\u2019\u00e9tait possible.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Annick Ghijzelings<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Michel Voiturier, 2008<\/strong><\/p>\n<p>Des traces en gestation<\/p>\n<p>Anne Leloup explore sa m\u00e9moire du monde ext\u00e9rieur, de ses sensations corporelles internes en tra\u00e7ant des signes qui s\u2019articulent dans l\u2019espace.<\/p>\n<p>A partir du point na\u00eet le rond. De celui-ci s\u2019engendrent cercle, voyelle, z\u00e9ro qui, d\u00e9form\u00e9s deviennent \u0153uf, visage, caillou, miroir, sein. Ainsi passe-t-on de l\u2019\u00e9vocation de l\u2019infini \u00e0 celle du trou ; ainsi glisse-t-on vers un symbolisme de l\u2019engendrement par ovulation ; ainsi \u00e9volue-t-on de la forme g\u00e9om\u00e9trique abstraite \u00e0 la suggestion d\u2019\u00eatres et d\u2019objets. Comme le fait un enfant qui abandonne le pointillisme du piquetage et le gribouillis crayonn\u00e9 au profit du trait sugg\u00e9rant une r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Telle appara\u00eet l\u2019\u0153uvre d\u2019Anne Leloup. Comme une exploration en apparence spontan\u00e9e d\u2019\u00e9l\u00e9ments graphiques dispers\u00e9s sur une surface. Celle semble se pr\u00e9senter comme des r\u00e9bus, comme des textes primitifs d\u2019avant l\u2019alphabet, comme des jeux graphiques en rappel de l\u2019esprit d\u2019enfance dans lesquelles une forme en engendre une autre. Ils combinent le ludique et le volontairement inabouti.<\/p>\n<p>Il reste donc \u00e0 les d\u00e9crypter malgr\u00e9 l\u2019\u00e9vidente absence d\u2019anecdote. Tr\u00e8s vite apparaissent des \u00e9l\u00e9ments appartenant au v\u00e9g\u00e9tal, au min\u00e9ral, \u00e0 l\u2019organique. Surgissent des couples aux visages \u00e9vid\u00e9s, transparents, donc universels. Se lisent des ut\u00e9rus, des bribes anatomiques o\u00f9 la f\u00e9condation semble \u00eatre en action. Se d\u00e9c\u00e8le une \u00e9volution d\u2019\u00eatres, de plantes, de signes qui construisent leur pr\u00e9sence dans la perception d\u2019une dur\u00e9e.<\/p>\n<p>Parfois, les gravures mettent en parall\u00e8le le silence plein de l\u2019immobilit\u00e9 d\u2019une partie monochrome avec le t\u00e9nu d\u2019une parole visuelle esquiss\u00e9e dans un mouvement, un \u00e9lan, une fuite. Parfois les peintures deviennent colori\u00e9es, vivement. Elles conjuguent au pr\u00e9sent une exub\u00e9rance gaie sur fond de tensions int\u00e9rieures. Souvent, les travaux d\u2019Anne Leloup laissent au spectateur la sensation d\u2019\u00eatre un arch\u00e9ologue en face d\u2019un r\u00e9cent champ de fouilles. Ce qui a \u00e9t\u00e9 mis au jour est tel qu\u2019il fut d\u00e9couvert. Il faut encore l\u2019\u00e9tiqueter et le replacer dans un contexte historique. Patience et intuition font le reste pour aboutir \u00e0 une communion avec le vivant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Caroline Lamarche, 2004<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Exposer est pour Anne Leloup un acte rare, intime, qui r\u00e9siste aux commentaires. Elle vous racontera la pierre longuement ponc\u00e9e, le crayon gras, le passage de l\u2019acide, l\u2019encre \u00e9tal\u00e9e au rouleau, la technique comme outil de pr\u00e9cision, qui permet de sonder, d\u00e9placer, jouer. Non l\u2019\u00e9motion qui la gagne \u00e0 l\u2019instant, tr\u00e8s bref, du geste artistique. Elle n\u2019a pas de mots pour le corps travers\u00e9 par cette \u00e9nergie-l\u00e0 : pl\u00e9nitude du trait, danse avec le vide. Ni pour les formes qui en r\u00e9sultent. Elle parle de m\u00e9moire, de fragments d\u00e9tach\u00e9s d\u2019une m\u00e9moire obscure, de formes qui montent. N\u00e9es d\u2019o\u00f9 ? D\u2019objets parfois. D\u2019autres formes, entrevues dans la nature, la maison. D\u2019exp\u00e9riences fugitives, de souvenirs enfouis. La m\u00e9moire serait cette forme ovo\u00efde, matricielle, qu\u2019elle affectionne. Il faut garder une trace, dit-elle, le regard limpide et inquiet \u00e0 la fois. Les traces sont devant nous, simples, fortes, intrigantes. Elles ont la capacit\u00e9 rare de nous attirer et de nous r\u00e9sister, d\u2019allier le don \u00e0 la r\u00e9tention. Dans sa qu\u00eate obstin\u00e9e du point de convergence, Anne Leloup construit une \u0153uvre \u00e9quilibr\u00e9e, exigeante.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Eddy Devolder, 1997<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anne Leloup cumule les activit\u00e9s. Peintre, graveur-lithographe, elle a obtenu le prix de la gravure de la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 La Louvi\u00e8re en 1995. \u00e9diteur, elle cr\u00e9e les \u00e9ditions Esperlu\u00e8te, \u00e0 l\u2019enseigne de ce signe qui ressemble \u00e0 une clef de sol et qui abr\u00e8ge le \u201det\u201d des associations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant tout, elle assemble, compose un objet de corde, de papier, de pigments ; une \u00e9bauche de forme satur\u00e9e de poudre color\u00e9e, comme une enveloppe secr\u00e8te, un myst\u00e9rieux r\u00e9ceptacle, une bogue initiale semblable au caillou ou au mouchoir que l\u2019enfant d\u00e9cid\u00e9 tient en main et qu\u2019il serre de toute ses forces pour affirmer sa d\u00e9termination.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les objets ne sont que des amorces, des mod\u00e8les, des chiquenaudes, des marques tangibles qui signalent le d\u00e9but de son aventure en peinture, de son immersion dans l\u2019inconnu, \u00e0 la recherche d\u2019une image perdue, d\u2019une image clef, d\u2019un \u00e9blouissement rouge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rien \u00e0 voir ici avec une peinture abstraite ou une \u00e9vocation matricielle. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un corps \u00e0 corps avec ce qui provoque l\u2019\u00e9tincelle, un frottement, une sorte d\u2019accompagnement, une fa\u00e7on d\u2019\u00e9pouser le vent, de se plier au souffle et de se fondre au signe qui donne sens.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Catherine de Braekeleer, \u00a01997<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Tr\u00e8s gestuel, son travail est li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture, autre monde de l\u2019imprim\u00e9. De m\u00eame, si elle se caract\u00e9rise par l\u2019utilisation des couleurs primaires, elle travaille \u00e9galement, par superposition et effacement (\u2026) \u0153uvres compl\u00e8tes qui visent \u00e0 d\u00e9cloisonner les genres au profit d\u2019un dialogue peinture\/gravure dans un langage avant tout contemporain (\u2026) s\u00e9rialit\u00e9 aussi pour Anne dans une forme plus labyrinthique qui fait rebondir regard et qu\u00eate de pi\u00e8ces en pi\u00e8ces (\u2026) glissant parfois vers la gestuelle pure\u00a0; h\u00e9riti\u00e8re de cette abstraction lyrique et vibratoire dont la Belgique est riche de cr\u00e9ations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il arrive que la m\u00e9moire soit malhonn\u00eate, ou qu\u2019elle se trompe, ou qu\u2019elle mente. Il arrive aussi que la m\u00e9moire pleure, comme pour oublier, comme si c\u2019\u00e9tait possible. 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